Explication de la position de vote du Groupe Union Action 62 au BP 2019

 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

Entre le Débat d’Orientation Budgétaire et le Budget Prévisionnel, mes collègues du Groupe Union Action 62 et moi-même avons pu dire de nombreuses choses sur l’état de notre pays et sur la situation économique de notre Département. Je ne reviendrai donc pas dessus.

Nous sommes à un peu plus de la mi-mandat et c’est l’occasion pour nous de faire un point d’étape sur le fonctionnement de notre institution.

Au sein de cet hémicycle, nous votons à l’unanimité la très grande majorité des délibérations. Sur le budget, il est vrai que nous avons voté contre ces dernières années, mais toujours en justifiant que cela ne portait pas sur l’ensemble des lignes budgétaires, et heureusement.

Oui, nous pensons que sur les dépenses de fonctionnement, il est possible de faire différemment,
Oui, nous pensons que sur la masse salariale, les marges de manœuvre sont possibles,
Oui, nous pensons qu’il aurait d’abord fallu essayer de baisser certaines dépenses sur le train de vie de l’institution avant d’activer le levier fiscal,
Oui, nous regrettons que votre politique d’investissement ne soit quasiment financée qu’à travers l’emprunt.
Oui, nous craignons que la dette devienne un fardeau insoutenable demain dans un contexte économique instable.

Mais vous ne pouvez pas résumer notre rôle à une opposition bête et méchante qui ne proposerait jamais rien. Trop souvent, nous avons l’impression qu’il y a d’un côté les bons conseillers départementaux qui votent le budget, et qui ont voix au chapitre, et de l’autre côté, ceux, qui parce qu’ils votent contre, n’auraient pas le droit d’exercer leur mandat de conseiller départemental.

C’est tout de même oublier que nous avons été élus sur nos noms dans nos cantons, sur la base de propositions concrètes, qui n’étaient pas tout à fait les mêmes que les vôtres. Pour les 22 élus qui composent toujours le Groupe Union Action 62, nous n’avons pas souhaité trahir cet engagement vis-à-vis de nos électeurs.

C’est ainsi, le fonctionnement démocratique des assemblées fait qu’il existe une majorité et une opposition. Dans les villes où les élus de la majorité départementale siègent dans l’opposition, est-ce qu’ils votent pour le budget ? Sûrement pas, et pourtant ça ne les empêche pas d’aller aux inaugurations et de participer à la vie de la collectivité. Et c’est normal. Pourquoi ? Parce que si jusqu’au BP, il s’agit du budget porté par une majorité, une fois le budget voté, il s’agit du budget de la collectivité.

Nous ne comprenons pas pourquoi cela serait différent au sein du Département du Pas-de-Calais. Cela ne vous a pas échappé, nous ne faisons pas partie de la majorité départementale. Lors de la présentation du budget, nous émettons des avis, des critiques positives ou négatives, on vous incite à faire différemment. C’est le rôle d’une opposition.

Et si on estime que notre vision n’est pas suffisamment prise en compte, nous votons contre. Mais une fois le budget voté, il n’est la propriété de personne. Il est au service de l’ensemble des élus de notre assemblée, tout comme il est au service de l’ensemble des territoires et des habitants, même ceux qui n’ont pas voté pour vous.

Vous l’aurez compris, nous revendiquons notre légitimité à exercer notre mandat à l’échelle du Département et sur nos cantons indépendamment de notre vote sur le budget.
Mais pour prouver notre bonne foi à travailler avec davantage d’efficacité au service des habitants de notre département, nous vous tendons une main.

En effet, nous vivons une situation exceptionnelle. JAMAIS, je dis bien JAMAIS, le mépris de l’Etat vis-à-vis des collectivités locales n’a été aussi grand. Mon collègue Michel HAMY l’a dit, l’Association des Départements de France a réussi l’exploit de proposer un fonds de péréquation horizontale entre départements que le Sénat a validé. Il faut souligner le rôle du Sénat au service de nos collectivités dans la période que nous traversons.

Les Départements, s’ils ne veulent pas disparaître, doivent prouver qu’ils ont une utilité et qu’ils savent être innovants. Il faut savoir se rendre indispensable et rassembler largement pour peser. Et nous saurons être pragmatiques. Nous nous inscrivons pleinement dans l’appel de Marseille.

En échange, Monsieur le Président, nous attendons des engagements concrets de votre part et des évolutions dans le fonctionnement de l’institution. Il n’est pas normal que l’accès à l’information pour les élus soit aussi difficile, il n’est pas normal que ça soit le parcours du combattant pour récupérer une simple présentation d’un rapport projeté en commission, et nous pourrions vous donner de nombreux exemples. Mais la question que nous vous posons aujourd’hui est la suivante : êtes-vous prêt à nous associer réellement et étroitement aux politiques publiques mises en place dans le Département du Pas-de-Calais.

On a envie de dire chiche, c’est pourquoi notre Groupe, pour cette année, s’abstiendra sur le budget 2019.

Je vous remercie

Seul le prononcé fait foi

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