SDAASP – Intervention de Michel Petit

SDAASPMonsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,

En juin dernier, au nom de notre groupe, je vous ai interpellé sur la question de l’accès aux soins. Des éléments alors évoqués sont aujourd’hui retrouvés dans la contribution de nos partenaires au SDAASP.

En ce domaine, chaque cas est particulier : Le Département de Loire-Atlantique a fait le choix de salarier des médecins. D’autres s’organisent différemment avec les hôpitaux.

Je pense que chaque territoire oublié a sa spécificité et l’on ne peut y apporter une réponse toute faite. Par exemple : une Maison de santé. Nombreuses sont les collectivités qui ont investi dans de telles structures, aujourd’hui vides parce que désertées ou à moitié remplies. L’objectif n’est pas atteint pour généralement un investissement lourd, peu satisfaisant, voire inefficace à mes yeux.

Nous connaissons les raisons pour lesquelles les jeunes praticiens ne sont plus attirés par le monde rural, qu’ils connaissent mal, mais aussi parce qu’ils aspirent à une qualité de vie. On ne peut guérir des territoires en déserrance qu’en prenant soin de leurs professionnels de santé. Les jeunes ne veulent pas vivre l’exercice parfois difficile de leurs aînés car ils savent que cela peut les mener au burn out ou aux idées suicidaires. C’est le travail de l’association SPS (Soins aux Professionnels de Santé), qui me semble très intéressant et réussi, aussi bien pour les professionnels
que pour les patients. Les pouvoirs publics ont même financé une partie de ce type de projet. 

Je pense qu’il est possible de trouver dans un délai raisonnable des réponses attractives et adaptées à chaque territoire en souffrance d’accès aux soins. Mais pour cela, il faut lever des obstacles, je
dirais même des tabous :

  • Un projet a de grandes chances de réussir s’il est porté et/ou animé par des professionnels de santé
  • Réfléchir en pôles de santé ruraux ou de santé publique (et non de maisons de santé), où l’initiative personnelle et libérale domine
  • Simplifier les règles de prescription, en autorisant certains professionnels de santé à prescrire ou renouveler des médicaments, afin d’assurer la continuité des soins sans être dans l’illégalité.
  • Un numerus clausus revu à la hausse mais régionalisé

Pour conclure, je pense qu’il serait nécessaire de prolonger ce travail avec l’Etat, la Région, l’association SPS, les élus concernés et éventuellement l’ARS. Ce travail de concertation nous permettrait d’être des facilitateurs d’accès aux soins pour tous, et je me tiens à votre disposition si ces pistes de travail vous intéressent, pour en parler de façon plus approfondie. 

Je vous remercie,

Seul le prononcé fait foi

Une réflexion au sujet de « SDAASP – Intervention de Michel Petit »

  • Il est vrai que l’inégalité d’accès aux soins est devenue structurelle, mais elle n’est pas spécifique à la ruralité.Elle trouve son origine dans le fait que le travail “en silo” des soignants ne permet pas, on se demande pourquoi- la délégation de tâche et ne favorise pas le travail en équipe. De plus, les professions libérales, en se calquant sur les horaires salariaux choisis, ne facilitent pas la fluidité de la présence soignante sur le terrain. Enfin l’affectation des internes est totalement ubuesque et ne répond pas aux exigences de l’équité territoriale faute d’exercice effectif de sa responsabilité par l’ARS. Il y a du chemin à faire pour revenir à une conception et mission de service public et de service au public.

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