Situation en matière d’égalité femmes-hommes, intervention de Stéphanie Guiselain

femme

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

 

Je ne vais pas revenir sur le fait que nous sommes, toutes et tous ici, engagés en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Tout de moins je l’espère. Pour ma part, je souhaite alerter notre assemblée sur les outils qui sont parfois présentés comme visant à renforcer cette égalité. Par exemple dans ce rapport, on nous parle des aires de covoiturage. Je cite « Les aires de covoiturage, en réduisant le coût financier du transport, peuvent faciliter l’accès à l’emploi, en particulier des femmes ou de leur conjoint pour les ménages équipés d’aucun ou d’un seul véhicule. ». La formulation de cette phrase me parait tout aussi maladroite que le fait d’inclure des aires du covoiturage comme politique visant à favoriser l’égalité femme/homme.

Mais ce qui m’a davantage interpellée dans ce rapport, c’est le recours à l’écriture inclusive. Pour rappel, il s’agit d’inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms.

L’Académie française, qui est composée d’hommes et de femmes, a considéré à l’unanimité dans une décision du 26 Octobre que l’écriture inclusive représentait un «péril mortel» pour l’avenir de la langue française. Elle met en garde, je cite : « La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. »

A plusieurs reprises dans ce rapport, il est cité « élu.e.s ». Comme le dit l’Académie, on ne sait d’ailleurs pas très bien si à l’oral, on doit prononcer .e.s et on voit tout de suite les limites que cela représente.

Alors je vais vous le dire chers collègues, ou devrais-je dire cher.e.s collègues, ce qui est important pour nous, ce n’est pas que sur sa fiche de poste, il soit écrit chef de service C-H-E-F-F-E, mais c’est qu’une femme puisse accéder à un poste à responsabilités et surtout qu’à compétences égales de celles d’un homme, sa rémunération le soit aussi. C’est faire en sorte qu’une femme qui subit du harcèlement moral ou sexuel n’ait pas peur de dénoncer son supérieur parce qu’elle est effrayée à l’idée de perdre son travail et de se retrouver dans une situation précaire. C’est faire en sorte que sa parole puisse être entendue et respectée, et c’est pourquoi notre Groupe a déposé une motion en ce sens.

 

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi

 

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